Dans un contexte de taux d’intérêts toujours plus bas, savoir où placer son argent n’est pas une mince affaire… Cela dit, malgré la baisse du rendement des fonds euros ces dernières années, l’assurance-vie reste le placement préféré des français.

Conséquence : on vous encourage à une plus grande prise de risque. Ceci consiste à limiter vos versements sur le fonds euros pour privilégier les unités de compte. Et pour cause, en une quinzaine d’année, le rendement moyen des fonds euros a été divisé quasiment par trois ! Mais, si l’assurance-vie conserve une place privilégiée dans le cœur des français, c’est parce qu’au–delà de son aspect « financier », cette enveloppe présente de nombreux avantages, aussi bien en cas de vie qu’en cas de décès.

Voici nos conseils pour optimiser vos placements en assurance-vie.

Quel sont les alternatives aux fonds euros ?

Un « fonds en euros » garantit votre capital en contrepartie d’un rendement limité. Le « taux » moyen des fonds en euros se réduit depuis plusieurs années pour atteindre 1,8 % en 2018 et environ 1,40 % en 2019. À ce niveau, faut-il continuer à placer votre épargne sur les fonds en euros ? Selon l’Insee, le taux d’inflation a été de 1,8 % en 2018 et devrait s’établir aux alentours de 1,3 % en 2019. On constate que le fonds en euro « classique » ne préserve plus le pouvoir d’achat de l’épargne investie. Il faut donc envisager des alternatives et diversifier vos supports d’investissement. Aujourd’hui, le vrai risque pour l’épargnant est sans doute de ne pas prendre de risques.

Selon votre profil de risques, une partie de votre épargne peut être réorientée du fonds en euros vers des supports un peu (ou beaucoup) plus risqués ou plus dynamiques. Parmi ceux-ci, il y a ce qu’on appelle les unités de compte. Ces supports d’investissement ne bénéficient pas de garantie en capital par l’assureur, mais offrent théoriquement de meilleures perspectives de rendement à long terme.

Voici un panorama, du plus au moins « sécurisé », de ce que nous pouvons proposer pour diversifier votre épargne placée en assurance-vie :

 Les fonds euros-croissance :

Ils se situent à mi-chemin entre les fonds euros et les unités de compte : ils offrent une garantie en capital à terme, pouvant osciller entre 80% et 100% (durée fixée par l’assureur, à partir de 8 ans). Ces supports permettent à l’assureur une liberté de gestion accrue, puisqu’il n’est pas contraint par une garantie permanente, comme pour les fonds en euros « classiques ». Une partie des capitaux gérés est potentiellement investie sur des actifs plus dynamiques pour rechercher un rendement supérieur ; l’autre partie est conservée de façon plus prudente, afin d’assurer la garantie en capital à l’échéance.

Garantie en capital à l’échéance, on peut espérer un rendement supérieur aux fonds euros classiques
Efficacité limitée (par rapport à un placement actions) en raison du faible niveau des taux obligataires…

INFO : Fin 2019, les fonds « euros croissance » ont été réformés : obligations d’information plus importantes du souscripteur et aménagement des modalités de sortie du fonds. L’objectif est de rendre plus attractifs ces fonds afin d’inciter les épargnants à prendre davantage de risques sur un horizon d’investissement plus long. Une garantie à terme existe encore.

Les fonds en euros immobiliers :

Ces fonds investissent une part significative ou prépondérante de leur actif sur des supports immobiliers.

En moyenne leur rendement actuel est significativement supérieur à celui des fonds en euros « traditionnels » : environ +1 %. Ils offrent une garantie en capital et ne sont pas pris en compte pour l’IFI (Impôt sur la Fortune Immobilière)
Les moins : La plupart des compagnies restreignent l’accès à ces fonds

Les unités de compte immobilières :

Elles gèrent des biens immobiliers locatifs et offrent une rentabilité actuelle plutôt attractive (≈ 4% par an avant frais du contrat)

Investir sur ces supports via un contrat d’assurance-vie permet de bénéficier d’une fiscalité réduite sur les revenus (par rapport aux revenus fonciers perçus en direct) et sur la transmission
Pas de garantie en capital

Les fonds structurés :

Ces produits plus complexes ont des conditions de fonctionnement spécifiques définies dans leur prospectus détaillé. Ils visent un rendement important mais conditionné à l’évolution d’indices ou de valeurs.

La garantie en capital conditionnée (donc pas totale) les rend théoriquement moins risqués que des actions
Peu liquides (possibilité de retrait « limitée ») avec des horizons d’investissement variables d’un produit à l’autre. Leurs performances à la hausse sont limitées (par rapport à un placement en actions)

Les fonds flexibles et diversifiés :

Supports composés de valeurs mobilières qui proposent une allocation évolutive en fonction des opportunités des marchés financiers.

 Suivi régulier par une équipe de gestion
Horizon d’investissement recommandé minimum de 3 ans

Les valeurs mobilières « classiques » :

Lorsque le contrat le propose, les valeurs mobilières cotées (actions, obligations, etc.) permettent une gestion plus fine et plus ciblée ; mais elles nécessitent un suivi permanent plus
« serré ».

 Peu coûteux, potentiel de hausse important pour les actions
En fonction du titre choisi le risque peut être élevé ; cet investissement nécessite soit une connaissance des marchés et de l’actualité économique et financière, soit un bon conseiller !

BON A SAVOIR : Réaliser des versements périodiques (tous les mois par exemple) sur des supports actions ou dynamiques peut vous permettre de réduire la volatilité (forte variation du prix) sur le long terme, et donc le risque, plutôt qu’un investissement en une seule fois.
En effet, il est difficile de savoir si les marchés sont actuellement bas et donc que nous sommes à un point d’entrée ou au contraire s’ils sont déjà trop hauts… Investir la même somme régulièrement permet de lisser la performance, en augmentant progressivement le risque.

Les « trackers » :

Ce sont des fonds d’investissement qui cherchent à répliquer l’évolution d’un indice boursier (CAC 40 par exemple) à la hausse comme à la baisse.

 Simples, liquides, peu coûteux en frais de gestion
Pas de garantie en capital

Notez qu’il existe différents « services » de gestion qui vous aident à « dynamiser » votre épargne investie en assurance-vie. Certains peuvent par exemple vous permettre d’investir sur les marchés actions à long terme, tout en déléguant la gestion. C’est ce qu’on appelle la gestion pilotée : après avoir complété un questionnaire, vous choisissez un profil (défensif, équilibré, dynamique…). Ensuite, c’est le gestionnaire qui s’occupe d’investir votre épargne sur les différentes unités de compte, en fonction du marché, de ses convictions, de l’actualité économique… tout en respectant votre profil. C’est une solution efficace pour se lancer dans la diversification de votre assurance-vie, sans connaissance particulière !

Il existe une multitude d’autres options, plus ou moins utiles selon votre profil investisseur… Renseignez-vous pour connaître celles qui sont disponibles au sein de votre contrat, et celles qui vous correspondent.

Devez-vous transférer votre « vieux » contrat d’assurance-vie ?

Vous avez depuis peu la possibilité de transférer librement votre contrat d’assurance-vie, au sein d’une même compagnie, sans perdre son antériorité fiscale. Cette mesure est loin d’être neutre : cela peut vous permettre de remplacer vos « vieux contrats » par de nouveaux contrats, plus modernes et potentiellement plus rémunérateurs. Par ailleurs, vous pouvez transférer l’épargne acquise au sein de votre contrat d’assurance-vie vers un Plan d’Épargne Retraite (PER). Alors, que faut-il faire ? Transférer ou ne pas transférer ?

L’ANTÉRIORITÉ FISCALE, QUÉSACO ? Toutes les opérations réalisées sur un contrat d’assurance-vie ont des conséquences fiscales décomptées à partir de la date d’ouverture du contrat. Le transfert d’un contrat d’assurance-vie au sein d’une même compagnie n’aura pas les effets d’une clôture suivie d’une nouvelle adhésion. La date de souscription de votre contrat ne sera pas modifiée et vous conserverez les avantages fiscaux liés à cette antériorité, que ce soit en cas de rachat ou en cas de décès !

Les avantages à transférer votre ancien contrat sur un nouveau


Nous avons vu précédemment que les performances des fonds euros sont de plus en plus modestes, mais savez-vous qu’elles sont également hétérogènes selon les contrats ? En effet, certains contrats très anciens peuvent être « délaissés » par les assureurs par rapport aux nouveaux. De plus, les gammes d’unités de comptes proposées peuvent être restreintes et de qualité variable. Il en va de même pour les options de gestion proposées au sein de chaque contrat.


C’est pourquoi vous avez peut-être intérêt à transférer votre contrat pour accéder à ce qu’il se fait de mieux au sein de la compagnie ! Vous pourrez ainsi en choisir un qui propose des supports d’investissements plus modernes et plus diversifiés (fonds immobiliers ou fonds solidaires par exemple). De même, vous pourrez sélectionner un contrat offrant des options de gestion plus adaptées à votre profil d’investisseur : par exemple une gestion pilotée, telle qu’évoquée précédemment. 

Quels sont les risques à transférer votre ancien contrat sur un nouveau ?

Il existe parfois d’anciens contrats qui donnent accès à d’anciens fonds en euros, qui offrent encore une rémunération supérieure aux fonds euros actuels. Par exemple, certains contrats proposent un taux minimum garanti inégalable aujourd’hui… peut être à 3,5% !

Si vous êtes l’heureux épargnant de ce fonds « miraculeux », surtout ne transférez pas ! Vous perdriez cet avantage non négligeable…

Et le PER dans tout ça ?

En fin d’année dernière, un nouveau produit d’épargne retraite est né : le PER (Plan d’Epargne Retraite). Il vous permet de payer moins d’impôts tout en préparant votre retraite. Il remplace progressivement le PERP (dispositif d’épargne retraite ouvert à tous) et le contrat Madelin (dispositif d’épargne retraite réservé aux indépendants), qui ne seront plus commercialisables à compter d’octobre 2020.

L’objectif est le même que les « anciens produits » : vous permettre de mettre des sommes de côté en vue de la retraite, tout en bénéficiant d’un avantage fiscal à l’entrée. Les sommes versées restent en principe indisponibles jusqu’à votre retraite et capitalisent sans imposition au sein du plan.

Le PER présente trois avantages majeurs par rapport aux anciens produits :

■ Il est possible d’en sortir entièrement en capital, y compris en cas de décès du souscripteur : le bénéficiaire peut percevoir un capital et non une rente ;

■ Les cas de sortie anticipée sont plus nombreux (acquisition de votre résidence principale notamment) ;

■ Les sommes placées sont transférables vers d’autres PER. Sachez que vous avez la possibilité de transférer une épargne placée sur votre contrat d’assurance-vie vers un PER. Cette opération vous permet de réduire vos impôts, car le montant replacé sur votre PER est potentiellement

Sachez que vous avez la possibilité de transférer une épargne placée sur votre contrat d’assurance-vie vers un PER. Cette opération vous permet de réduire vos impôts, car le montant replacé sur votre PER est potentiellement déductible de votre revenu imposable. Néanmoins, il faut accepter que ce capital soit bloqué jusqu’à votre retraite… La bonne nouvelle, c’est que vous bénéficiez pour cela d’un autre avantage fiscal : si votre contrat d’assurance-vie a plus de huit ans, l’abattement prévu sur les intérêts en cas de retrait est doublé : il progresse à 9 200 € pour les célibataires ou 18 400 € pour les couples mariés ou pacsés. Attention, cette offre est réservée aux contribuables qui sont à plus de cinq ans de l’âge légal de la retraite, et qui ont donc moins de 57 ans. Et elle est limitée dans le temps : le rachat doit être effectué avant le 1er janvier 2023.

Une possibilité de diversification accrue et une prise de conscience ?

La nouvelle possibilité de transfert des contrats d’assurance-vie peut être l’occasion de donner du sens à votre épargne. En effet, les contrats d’assurance-vie souscrits à partir de 2020 devront obligatoirement proposer au moins une unité de compte dite « politiquement correcte ».

Les types de fonds qui répondent à cette exigence sont :

Les fonds solidaires : ils sont investis dans l’économie sociale et solidaire (ESS). Ils placent une partie de leurs capitaux dans des entreprises qui ont des projets d’utilité sociale et environnementale (réinsertion par l’emploi, développement durable, économie verte….).

Les fonds dits ISR (investissement socialement responsable) : ces fonds investissent avec une notion de développement durable en intégrant des critères environnementaux, sociaux, et de gouvernance (ESG). Cela signifie qu’ils sélectionnent des actions non seulement en fonction de critères financiers, mais au regard également de critères ESG.

Les fonds dits TEEC (transition énergétique et écologique pour le climat) : ces fonds, aussi appelés « finance verte », sont engagés dans le financement de l’économie verte et de la transition écologique et énergétique.

À partir de 2022, tous les contrats devront proposer au moins une unité de compte solidaire, une unité de compte « verte » et une unité de compte labellisée « ISR ».

Cette nouvelle année est peut-être l’occasion pour vous de refaire le tour de vos placements… En effet, la façon dont vous épargniez hier ne vous permettra peut-être plus de faire fructifier votre argent aujourd’hui. Mais tout n’est pas perdu… Comme nous avons pu le voir, de nouvelles perspectives s’offrent à vous. N’hésitez pas à nous contacter afin que d’étudier ensemble ce qui est le plus adapté à votre profil et à votre situation !

Cet article a été publié dans notre newsletter trimestrielle « Lettre du Patrimoine ».
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