Où va le billet vert ?

Depuis le début de l’année, le dollar US a commencé à baisser et le mouvement s’est accéléré à partir du mois d’avril. Il n’y a pas si longtemps, de nombreux intervenants voyaient le dollar US monter inexorablement. L’objectif de la parité sur l’EUR/USD semblait à portée de main. Pourtant c’est bien l’inverse qui s’est produit.
Une première explication à cette baisse : le pari de la hausse était trop consensuel. Si vous demandiez, il y a quelques trimestres, à un gérant international, quelle était sa plus forte conviction, la réponse était en très grande majorité : la hausse du dollar. Comme bien souvent, lorsqu’une position est trop consensuelle, c’est l’inverse qui s’est produit. Des raisons plus fondamentales ont entraîné la chute du dollar. La plus importante est la divergence de discours des banques centrales. En effet, les intervenants de marché s’attendaient à une remontée des taux directeurs de la part de la Fédéral Reserve américaine. A l’inverse, ils tablaient sur une prolongation ad vitam de la politique ultra accommodante de la BCE. Les discours sont en train d’évoluer. Les chiffres de l’inflation sont en baisse aux Etats-Unis et l’urgence d’une hausse de taux se fait moins sentir. A l’inverse, Mario Draghi, le président de la BCE, se montre moins accommodant qu’auparavant. Il est donc logique que le dollar remonte.
Autre explication, la macro-économie. Une fois n’est pas coutume, les chiffres et le sentiment sont meilleurs en zone euro qu’aux Etats-Unis. Ceci est positif pour l’Euro contre le dollar. Enfin, Donald Trump joue négativement sur la perception de valeur refuge du dollar. Donald Trump est imprévisible et les marchés financiers détestent cela.

Pourquoi disserter ici sur la direction du dollar ?

Le dollar a des conséquences fortes pour de nombreuses classes d’actifs. Il est donc primordial d’en comprendre les évolutions. Avec un dollar en baisse les investissements sur les matières premières et les émergents pourraient se valoriser comme cela a été le cas dans presque toutes les phases de baisse du billet vert.
A l’inverse, les exportateurs européens qui ont tiré profits de cette baisse depuis 3 ans pourraient pâtir du retournement de tendance.
De plus, de nombreux fonds présents dans les portefeuilles des investisseurs, comme les très prisés fonds patrimoniaux ou fonds d’allocations d’actifs, sont internationaux et ont donc naturellement une forte proportion de dollar. Ces fonds sont rentrés en force dans les portefeuilles des investisseurs depuis 3 ans à l’aune de bonnes performances. Toutefois cette performance était en partie due à la baisse de l’EUR/USD (proche de 1.40 en avril 2014 à 1.08 3 ans plus tard). En effet, lorsque l’Euro baisse face au dollar et que vos actifs sont en dollar, la valeur de votre portefeuille monte grâce à l’effet de change. Un retournement du dollar US, pèserait mécaniquement sur les performances.
La performance des devises en tant que composante de la performance totale du portefeuille est souvent sous-estimée. Il est plus que jamais temps de s’en préoccuper.

Cet article a été publié dans notre newsletter trimestrielle « La Lettre du Patrimoine » et a été rédigé par Pierre Bermond EOS ALLOCATIONS. Pour la télécharger, cliquez ici

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