Le retour de la prime de risque politique

Il existe en Europe une véritable prime de risque politique, c’est-à-dire un supplément de rendement exigé par les investisseurs pour investir dans la zone. Dit autrement, il existe un « discount » sur les actions européennes dû au risque politique. Sinon comment expliquer la divergence de performance boursière entre les Etats-Unis et la zone Euro ? En effet, les États-Unis sont plus proches de la fin de leur cycle économique que du début, les marges des entreprises se retournent, mais les marchés financiers sont au plus haut. À l’inverse, la dynamique conjoncturelle s’améliore (-ait) en zone Euro mais les bourses affichent des baisses proches de -20% depuis 1 an. Un des facteurs pouvant expliquer ce différentiel est clairement la tourmente politique de ces derniers mois dans l’Union Européenne.
Cette prime de risque politique n’est pas nouvelle. Souvenons-nous que la crise de la dette en 2010-2011 avait plongé l’Europe dans le marasme économique et boursier. La quasi-faillite de la Grèce et plus globalement les craintes sur les États périphériques, les désormais célèbres PIIGS (Portugal, Irlande, Italie, Grèce et Espagne), avaient fait fuir les investisseurs étrangers de l’Europe.
Le Brexit nous renvoie à ce triste passé. L’Union Européenne est face une véritable crise identitaire et donc institutionnelle. À cela s’ajoute la crise des migrants, la montée des partis anti système pour ne pas dire populistes. Bien entendu l’un ne va pas sans l’autre. Il n’y aurait pas eu de Brexit sans la crise des migrants et la montée des populismes. Cet empilement de facteurs politiques rend l’Union Européenne peu lisible pour les investisseurs étrangers (et même européens !). Les marchés financiers détestent ce manque de visibilité. Ils préfèrent donc acheter un marché sûr comme les Etats-Unis même s’il peut paraître cher. On retrouve le même phénomène au niveau sectoriel. Les secteurs défensifs mêmes à des valorisations élevées sont privilégiés.
Les mois à venir ne vont pas voir cette prime de risque politique s’abaisser. La sortie plus ou moins chaotique du Royaume-Uni de l’Union Européenne devrait prendre des années. Est-ce que l’Irlande du Nord et l’Écosse vont en profiter pour faire sécession ? L’avenir nous le dira. Matteo Renzi aura également fort à faire en Italie. Dans de nombreux pays, le sentiment européen est au plus bas et les partis anti système sentant le vent tourner appellent à des référendums.
Cette prime de risque politique n’est pas l’apanage de l’Union Européenne. Évidemment, on la voit souvent dans les pays émergents. Le cas du Brésil est à ce niveau exemplaire. Elle va surement augmenter dès la rentrée aux Etats-Unis où les propositions parfois loufoques de Donald Trump ne vont pas manquer de créer des remous sur les marchés financiers au gré des sondages. Soyons donc préparés pour les mois à venir à un environnement pour le moins complexe.

Cet article a été publié dans notre newsletter trimestrielle « Lettre du Patrimoine ».
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