2018 s’achève sur une note très négative. Pour de nombreux indices actions, 2018 aura été la pire année calendaire depuis 2008 !

N’oublions tout de même pas que les actions mondiales n’ont cessé de monter depuis 2009 et ont quasiment triplé depuis cette date. Un marché haussier de quasiment 10 ans est extrêmement rare et une forte correction comme celle entamée à l’automne 2018 est normale et salutaire. Elle permet en effet, grâce aux exagérations qu’elle provoque, de trouver de bons points d’entrée sur des nombreux actifs. Un bémol toutefois, les actions mondiales sont montées essentiellement grâce aux actions US et en particulier aux actions du secteur technologique. L’Europe est restée à la traine avec une crise « auto infligée » en 2011-2012.

Penchons-nous sur les perdants et les gagnants de 2018

tableau actu eos allocations

Lorsqu’on trouve en tête des meilleures performances en Euro des fonds monétaires ou obligataires, c’est que l’année n’a pas été bonne. La très bonne performance des actifs sécuritaires en Yen ou en dollar tient à la bonne performance de ces deux monnaies contre Euro.

Les plus mauvaises performances proviennent de la Chine et de l’Europe et en particulier du segment des petites et moyennes capitalisations. Ce denier a été impacté par son manque de liquidité.

Il est intéressant de noter que les meilleures performances de 2017 étaient : les actions autrichiennes, les actions de petites capitalisations françaises et allemandes, les actions chinoises. En bourse comme dans les chansons de Jean-Jacques Goldman, les derniers sont souvent les premiers et vice versa … l’année suivante.

Pourquoi une telle baisse et maintenant ?

De nombreux risques étaient présents dans le marché :

  • La guerre commerciale entre les US et la Chine
  • Trump (tout est dit…)
  • Le Brexit
  • Les tensions sur le budget italien
  • Le retrait des liquidités de la part de la banque centrale américaine qui entame une politique de plus en plus restrictive

Ce dernier risque est selon nous le plus important, les marchés supportant mal des banques centrales plus restrictives.

Cependant ces risques étaient présents depuis un long moment. Il fallait un catalyseur pour déclencher la forte baisse. Ce sont les craintes sur la croissance mondiale qui ont amplifié la baisse. Le marché prévoit maintenant une récession en 2019 et au plus tard en 2020.

Comment se sont comportés les profils ?

Les profils ont dans l’ensemble bien résisté dans la baisse entamée en octobre et ce pour trois raisons principales :

  • Les profils n’étaient pas ou peu investis sur des segments qui ont fortement souffert : les obligations d’entreprises les moins solvables (High Yield) et les actions de petites capitalisations.
  • La gestion alternative (typologie de gestion qui vise la performance absolue quelles que soient les conditions de marché) a bien fonctionné.
  • Les profils étaient plutôt défensifs (i.e. sous investis en actifs risqués).

Bien entendu, les profils ont baissé mais impossible de monter pour un portefeuille diversifié dans un marché où quasiment tous les actifs baissent. L’objectif est alors de bien résister et de se donner les capacités de capter le rebond.

Quelle stratégie pour les mois à venir ?

Les craintes de récession sur la croissance mondiale nous paraissent exagérées. Mais comme à son habitude le marché est dans l’exagération. Des opportunités se font jour et il faut en profiter. Les profils étaient plutôt défensifs par rapport à leur profil de risque. Ainsi, nous conseillons de renforcer les positions dans la baisse. Un ralentissement fort de la croissance correspond souvent à des baisses de -30%, nous sommes déjà au 2/3 de cette baisse. Sortir maintenant serait contre-productif. D’autant plus que des éléments positifs peuvent servir de catalyseurs au marché : accord US-Chine, accord sur le Brexit… A l’inverse, il est clair que le retour sur les plus hauts prendra du temps. Nous sommes dans une phase de ralentissement économique.

    Quid de nos principales convictions ?

  • Actions Europe : nous restons convaincus que ce n’est pas le moment de jeter l’éponge sur les actions européennes et ce pour plusieurs raisons :
    • La défiance envers la zone est extrême. Les investisseurs internationaux ne veulent plus entendre parler de cette zone devenue incompréhensible pour eux. Les flux sortants sur la zone ont été très conséquents. C’est en général un point positif pour un investisseur contrariant. C’est lorsque les investisseurs jettent l’éponge qu’il faut revenir.
    • Les valorisations sont à nouveau attractives d’autant plus avec des taux d’intérêt proches de 0%.
  • Marchés émergents : les valorisations sont attractives. De plus les émergents pourraient profiter de la politique plus accommodante que prévue de la banque centrale américaine. Par ailleurs, un accord US-Chine sur la guerre commerciale serait avant tout bénéfique aux pays émergents.
  • Gestion alternative : la volatilité des marchés devrait rester élevée, nous préconisons une partie importante de gestion alternative.
  • Le style « value » : ce style de gestion se concentre sur les actions les plus décotées, délaissées de la cote. Nous pensons que les valorisations sont très attractives.

De manière plus secondaire, nous commençons à retrouver de l’intérêt sur les obligations d’entreprises. Les taux offerts sur le High Yield (obligations de sociétés à la solvabilité médiocre mais offrant de forts rendements) est revenu proche de 6%.

Focus fonds

Certains fonds ont connu un comportement sur le dernier trimestre qu’il convient de souligner (ces fonds peuvent être ou ne pas être dans votre portefeuille compte tenu du profil sur lequel vous étiez).

    Certains fonds ont connu des performances très satisfaisantes :

  • Les fonds de la gamme H2O à l’instar de H2O Multibonds (+9.03% sur le trimestre) qui a particulièrement performé dans ces marchés baissiers. Ce fonds de gestion alternative (cf. supra) a bénéficié de l’ensemble de ses stratégies mais la détente des taux italiens (montée des obligations italiennes) a été un important contributeur.
  • JPM Global Macro Opportunities (+1.61% sur le trimestre), lui aussi fonds de gestion alternative, profite de la réactivité de la gestion qui a su couper les expositions aux actifs risqués et se positionner sur des valeurs refuges.
  • Comgest Monde, fonds pur actions internationales, a réussi à très bien naviguer dans un environnement difficile. Le fonds ne perd « que » -7.24% sur le dernier trimestre de l’année. Il a surtout une performance positive depuis le début de l’année (+3.88%). La gérante était sortie de manière opportune au printemps des valeurs technologiques pour se concentrer sur des secteurs défensifs.
  • Sextant Grand Large (-3.03% sur le trimestre et -4.29% sur l’année) bénéficie de son approche très défensive depuis cet été. Le fonds se re sensibilise peu à peu aux actifs risqués ce qui lui permettra de capter un rebond, s’il se matérialise.
  • Templeton Global Total Return (+1,11%) qui profite de la bonne tenue des obligations émergentes et de la hausse du dollar.
    D’autres fonds sortent du lot mais pour de mauvaises raisons :

  • Dorval Convictions (-11.52% sur le trimestre, -15.30% sur 2018) est décevant. Ce fonds flexible actions peut moduler son exposition aux actions afin de capter les hausses et résister le plus possible aux baisses. C’est plutôt l’inverse qui s’est produit cette année. Au-delà de l’exposition, la sélection de valeurs a déçu. 2018 est une année à oublier pour ce fonds.
  • R Valor (-13,44%) était investi sur deux des secteurs les plus à la peine sur le trimestre à savoir la technologie US et les sociétés liées aux matières premières. Ainsi, le fonds voit fondre toute sa performance sur le seul 4ème trimestre.

Synthèse

Il n’est pas certain que les marchés aient connu à ce jour leurs plus bas. Le marché peut encore baisser. Cependant, des points d’entrée attractifs apparaissent sur de nombreuses classes d’actifs. La stratégie reste donc la même : se renforcer dans la baisse.

    Les axes principaux d’investissement :

  • Les marchés émergents et l’Europe
  • Les actions du style value que ce soit en Europe ou aux US
  • Un intérêt naissant pour les obligations d’entreprises

N’oublions pas qu’il est illusoire d’essayer d’acheter au plus bas et de vendre au plus haut.L’important est d’avoir un process d’investissement discipliné et de savoir capter une partie plus importante de la hausse que de la baisse.
Il serait à ce stade très imprudent de se désinvestir.

Cet article a été publié dans notre newsletter trimestrielle « Lettre du Patrimoine ».
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