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Donald Trump : l’homme de l’année ?

Publié le 15 octobre 2018

Donald Trump : l’homme de l’année ?

2ème trimestre 2018, l’économie US a cru à un rythme de 4,2%, soit un des meilleurs trimestres depuis la reprise de 2010.

Même CNN, opposant de longue date du président américain, le concède : l’économie US va bien et Donald Trump doit en être en partie crédité.

Quid des marchés financiers ?

Ils applaudissent et ne cessent d’applaudir. Après une période d’inquiétude juste après l’élection, les investisseurs ont accueilli avec grand enthousiasme les baisses d’impôts et le plan de relance. Le SP500, l’indice large des valeurs américaines a cru de plus de +30% en moins de 2 ans. Le Nasdaq, l’indice des valeurs technologiques américaines a lui bondi de presque +60%. De quoi faire pâlir d’envie les européens, dont l’indice phare, le Stoxx600, ne progressent que de +11% sur la même période.

Sur le front commercial, le président américain malgré ses frasques arrive même à ses fins puisque, Corée du Sud, Mexique et Canada ont déjà plié et ont accordé des concessions. La réforme de l’OMC (organisation mondiale du commerce) est même sur la table.

Ainsi quoi que l’on pense de Donald Trump, sa politique a boosté la croissance US à court terme et a continué à créer des emplois. En revanche à moyen long terme, cette politique est déstabilisatrice pour le système économique et financier mondial. Il est important de se donner le temps de cette réflexion à moyen terme et de s’abstraire de la vision très court termiste des marchés. Prenons quelques exemples pour bien comprendre.

Tout d’abord, Donald Trump a mis en place une réforme fiscale sans précédent. Sur 10 ans les prélèvements des ménages et des entreprises vont baisser de $1500 milliards. Sur le plan des investissements, Donald Trump prévoit un plan de $1500 milliards afin de rénover les infrastructures vieillissantes (dont $200 milliards à la seule charge de l’Etat).

Mais ces réformes ne sont pas financées. En d’autres termes, Donald Trump va creuser le déficit budgétaire. Il pourrait avoisiner les -5% en 2019 alors même que la croissance est sur des niveaux très élevés. A ce stade du cycle, le déficit budgétaire devrait être des plus réduits.

Donald Trump est donc en train de fortement baisser les impôts et d’investir massivement. Il fait ainsi un plan de relance keynésienne mais sur une économie en pleine santé et en fin de cycle. Normalement, un tel plan de relance se fait sur une économie moribonde afin de lui donner le coup de fouet nécessaire au redémarrage.

Soit mais quels risques cela comporte-t-il ? Plus de croissance est toujours mieux que moins de croissance me direz-vous. Oui mais pas à n’importe quel prix. Un plan de relance si gigantesque a un effet démultiplicateur bien moindre sur l’économie en période faste qu’en période de disette. Si l’on caricature, malgré la hausse du pouvoir d’achat, les ménages vont moins consommer quand leur taux de consommation est au maximum depuis des années que lorsqu’il est au tapis. L’économie va créer moins d’emploi que d’habitude car, le taux de chômage est à 3,9% soit les points bas atteints en fin de cycle. Pas besoin de sortir d’Harvard pour comprendre qu’il sera difficile d’être « le plus grand président créateur d’emplois que Dieu ait jamais créé » (dixit Donald Trump) lorsque le chômage est au plus bas. En revanche, il est certain que cela risque créer des tensions salariales et plus globalement inflationnistes. Si ces dernières ont été bégnines jusqu’ici, elles se renforcent depuis quelques mois. Cela est d’autant plus dangereux.

Savourons donc à court terme la lune de miel entre les marchés et Donald Trump mais méfions-nous des conséquences à moyen terme (sans même parler du long terme). Le réveil pourrait être difficile.

Cet article a été publié dans notre newsletter trimestrielle "Lettre du Patrimoine". Pour la télécharger, cliquez ici.
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