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L’été de tous les dangers

Publié le 08 août 2018

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On le sait la saison estivale est peu favorable aux marchés actions. En cette période de faible liquidité, les mouvements sont souvent amplifiés. Ainsi l’été boursier se caractérise parfois par des marchés volatils et des performances moroses.

Cet été 2018 pourrait être un de ces étés difficiles pour les marchés actions. On assiste en effet à une conjonction de plusieurs facteurs négatifs :

 

  • Cet été va être un moment unique depuis près de 10 ans : celui où les banques centrales vont commencer à retirer de la liquidité. La Federal Reserve américaine a déjà débuté la réduction de son bilan (c’est à dire à retirer des liquidités du marché). La BCE réduit ses achats d’obligations sur le marché. Seule la banque du Japon continue une politique monétaire agressive. Si on cumule les accroissements/réductions de bilans de la part des grandes banques centrales, le total va devenir négatif cet été. L’océan de liquidités déversé sur le marché depuis 2009, soit plus de 12 000 milliards de dollars, a donné un coup de fouet aux actifs risqués comme aux obligations. Quel sera l’effet d’un retrait de ces liquidités ? Personne ne le sait vraiment puisque cela n’avait jamais été fait auparavant. Par ailleurs, les Etats-Unis ont près de 3500 milliards de dette à refinancer en 2018 et un déficit budgétaire qui se creuse. Plus d’offre, moins de demande, attention à la réaction des marchés obligataire. Voyons tout de même le positif : si les banques centrales arrêtent leurs politiques non conventionnelles, c’est que l’économie va mieux.
  • La politique commerciale de l’administration Trump est une autre source de préoccupation. Le fougueux président américain a commencé à mettre ses menaces à exécution en mettant des droits de douanes sur certains produits étrangers mais il menace la Chine de droits de douanes sur près de $500 milliards de biens. La tension entre les deux pays est réelle. Il y a fort à parier que ces déclarations ne sont qu’une tactique de négociation mais les marchés commencent à en douter. Ce qui n’était qu’une blague il y a quelques mois, est maintenant pris très aux sérieux par les investisseurs. Les tensions politiques et géopolitiques créent souvent de bons points d’entrée. Les baisses sont violentes mais suivies de remontées tout aussi violentes. La situation est différente cette fois-ci : les conséquences sur le commerce mondial et la croissance peuvent être fortes.
  • Premières victimes de cette politique commerciale : les marchés émergents. En effet, les pays en voie de développement sont les premiers bénéficiaires de la mondialisation. Un retour en arrière les pénaliserait. Or plusieurs pays émergents dont ceux d’Amérique Latine (Brésil, Argentine, Venezuela) sont dans une situation fragile.
  • Enfin la situation politique en Europe peut s’assombrir à tous moments entre une Italie de plus en plus euro sceptique et des négociations sur le Brexit dans l’impasse alors qu’il ne reste plus que 9 mois devant nous.
  • Tous ces éléments arrivent sur une économie mondiale et surtout européenne en ralentissement. Mais attention à ne pas être trop négatifs ! L’immense majorité des gérants, au premier rang desquels les gérants de fonds patrimoniaux abordent les mois à venir avec beaucoup de prudence. Comme souvent quand les investisseurs sont trop pessimistes, les actifs risqués montent. Par ailleurs, les entreprises, moteurs de l’investissement actions, font des bénéfices records. En conclusion, oui il faut être attentifs et prudents cet été mais il est peut être encore trop tôt pour sortir des marchés

    Cet article a été publié dans notre newsletter trimestrielle "La Lettre du Patrimoine" et a été rédigé par Pierre Bermond EOS ALLOCATIONS. Pour la télécharger, cliquez ici.
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